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L'AFP et La Manif pour tous en Italie : Bobard à la romana

#Bobards2017 / Le Bobard du Père Fouettard

Candidat : AFP

Le bobard par le titre est l’un des moyens les plus subtiles pour faire passer un message totalement faux dans l’opinion publique. Chaque époque a ses héros et ses repoussoirs comme le président hongrois Viktor Orban. Car Viktor Orban est coupable aux yeux des élites médiatiques de ne pas vouloir ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de migrants venus à pied depuis la Turquie pour s’installer en Europe.

Il a donc été présenté, en 2015, comme un « père Fouettard impuissant ».

La Hongrie était vilipendée par son manque d’empressement à accueillir toute la misère du monde. Les journalistes faisaient même la comparaison avec les gentils autrichiens.

Et comme les Hongrois avaient décidé de transformer leur pays en prison.

Les migrants « joyeux » quittaient la Hongrie.

Contents de fuir un pays qui ne respecte pas les valeurs de l’Europe selon le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius.

Le tout prenant des accents très orwelliens : « la loi c’est le chaos. »

Face à ce manque de coeur du président hongrois, le retour de bâton était inévitable. En novembre 2016, Peter Murphy journaliste à l’Agence France-Presse (AFP) fanfaronnait devant le « camouflet législatif » infligé à Viktor Orban qui souhaitait faire passer un texte au parlement rendant illégale, en droit hongrois, la relocalisation par l’UE de réfugiés en Hongrie.

Pour l’AFP, c’était un sérieux revers, pour ce « Premier ministre, qui depuis deux ans n’a cessé d’amplifier une campagne aux accents xénophobes contre l’immigration extra-européenne. »

Aussitôt cette dépêche était reprise par l’ensemble de la presse, amplifiant par effet boule de neige ce bobard par le titre.

Cerise sur le gâteau, l’article était illustré par une photo de Viktor Orban totalement désabusé.

Où est le bobard ?

Dans la différence entre ce que le titre induit et la réalité des faits. Viktor Orban n’a pas subi un « camouflet légistlatif » à cause d’une politique antimigrants qui aurait été jugée trop sévère par la classe politique hongroise, mais parce qu’elle n’allait justement pas assez restrictive ! C’est le parti nationaliste, Jobbik, qui a fait échouer cet amendement. Le Jobbik demandait en plus la suppression d’un régime de permis de résidence accordé depuis 2013 aux riches investisseurs extra-européens, Russes, Chinois et ressortissants de pays du Moyen-Orient pour l’essentiel. Nous sommes donc bien loin des rêves du journaliste de l’AFP, Peter Murphy.

L'AFP et La Manif pour tous en Italie : Bobard à la romana

#Bobards2017 / L’AFP et La Manif pour tous en Italie : un « Bobard sauce à la romana »

Candidat : AFP

En France, les médias s’étaient largement engagés contre la « Manif pour tous », l’AFP s’était particulièrement illustrée en 2014 en minorant (en le divisant par 4 ou 5 tout de même) le nombre de veilleurs. L’affaire avait permis à l’AFP de se classer parmi les meilleurs Bobards d’or de 2015.

De leur côté, le 30 janvier 2016, les Italiens manifestaient contre l’union civile proposée par leur gouvernement. Les organisateurs de la manifestation avaient donné rendez vous aux Italiens au « Circus Maximus », considéré comme le plus vaste hippodrome de Rome. Sa superficie est de 120.000 mètres carrés, une superficie 4 fois supérieure à l’Esplanade des Invalides.

Bataille des chiffres en Italie sur le nombre de manifestants

L’ANSA, la principale agence de presse italienne, publiera les chiffres communiqués par les organisateurs : 2 millions ; et par les « opposants » : 300.000.

En France, les médias ne feront pas état de cette bataille des chiffres. La raison ? Un bobard en deux temps signé AFP, un bobard repris par la majorité des médias francophones.

À 16h22 l’AFP tweetait « Italie : des milliers d’opposants aux unions civiles » c’est-à-dire entre 2.000 et moins de 20.000 manifestants.

La photo illustrant le tweet est un plan serré, impossible d’émettre un doute sur le nombre de manifestants communiqué par l’AFP. Le chiffre communiqué est très largement minoré. Plus grave, l’AFP ne donne pas le comptage des organisateurs (2 millions).

Le tweet sera doublé d’une vidéo AFP titrant toujours « Italie : des milliers d’opposants aux unions civiles »

La vidéo contient des plans larges, et notamment un « panoramique ». On peut y voir que les manifestants sont nombreux et clairement plus que quelques milliers.

Mais, cette fois-ci le bobard-calculette est un peu grossier, l’AFP va faire une marche arrière, enfin une espèce de créneau : à 22h30 l’AFP publiera un nouveau tweet, l’agence de presse comptera « des dizaines de milliers d’opposants » (c’est-à-dire de 10.000 à 90.000).

Les chiffres sont encore une fois minorés, mais apparaissent comme moins scandaleux. Problème… l’ensemble de la presse qui a déjà repris la 1ère dépêche de l’AFP, se voit contraint de faire en douce un correctif comme en témoignent les urls différentes des titres.

Pour avoir minoré le nombre d’opposants à l’union civile italienne sans communiquer les chiffres des organisateurs l’AFP mérite bien son Bobard « sauce romana ».

Palmarès 2016 des Bobards d'Or

Palmarès 2016 des Bobards d’Or

Découvrez ci-dessous le palmarès 2016 des Bobards d’Or.

Géraldine Hallot

Géraldine Hallot

BOBARD D’OR

Géraldine Hallot de France Inter​ pour le bobard orwellien, le bobard à remonter le temps !

C’est le 3ème bobard pour France Inter après Patrick Cohen​ en 2013 (Muselière d’Or) et Pascale Clark​ en 2014 (Gay Bobard).

Étienne Baldit

Étienne Baldit

BOBARD D’ARGENT

Étienne Baldit du Lab​ d’Europe 1​ pour le bobard raciste.

C’est le 3ème bobard pour le groupe Europe 1 après celui décerné à Claude Askolovitch (Bobard d’Or Radio) en 2011 et à Éric Le Boucher (Bobard d’Or Radio) en 2012.

Paul Moreira

Paul Moreira

BOBARD DE BRONZE

L’Agence France-Presse​ avec la complicité de Paul Moreira pour le bobard christianophobe.

Il s’agit du 3ème bobard pour l’Agence France-Presse après le bobard de guerre en 2012 et le bobard AFP en 2015.

Félicitations aux lauréats !
Accélérateur de carrière garanti !

Revoir la cérémonie du 14 mars 2016

Bobard géographique : l'AFP perd la boussole

Bobard christianophobe : l’AFP sert la soupe à l’État islamique

Un échange de bons procédés entre l’AFP et l’Observatoire syrien des droits de l’homme qui se citent l’un l’autre. Cela leur permet de diffuser l’image d’un prétendu « chrétien » sur le point de décapiter un « djihadiste », alors qu’il s’agit d’un djihadiste s’apprêtant à assassiner un soldat syrien.

Candidat : Agence France Presse (AFP)

La guerre en Syrie fait depuis cinq ans l’objet d’un véritable « bobardement » médiatique. Ce conflit était présenté jusqu’à récemment dans les médias avec un manque total d’objectivité : d’un côté, les gentils rebelles modérés et, de l’autre, mis dans le même sac de l’ignominie, les djihadistes de l’État Islamique et les soldats de Bachar al-Assad. Les journalistes ont répercuté sans ciller les partis pris des présidents de la République, de Nicolas Sarkozy comme de François Hollande, et ceux de l’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Ils ont donc multiplié les bobards avec, en point d’orgue, un bobard faisant la promotion – si l’on peut dire – de rebelles syriens démocrates et laïcs, alors que, depuis le début du conflit, ce sont les djihadistes qui tiennent le haut du pavé. Alors, sans se déplacer et en restant au chaud au sein de leurs rédactions, les journalistes de la grosse presse se sont contentés de relayer des informations données par l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Sans les vérifier le moins du monde.

Par exemple, si l’on s’en tient aux articles des médias francophones répertoriés par Google Actualités, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a été cité des milliers de fois !

Bien souvent à l’origine des sujets évoqués par les médias, l’Observatoire syrien des droits de l’homme est cité dans plus de 250 articles de la presse nationale. Acteur incontournable de ce conflit, cet observatoire, utilisé pendant longtemps par les journalistes comme la seule source viable, est tout sauf une agence de presse indépendante et impartiale. Voici la présentation qu’en fait le site christianophobie.fr, à l’origine de la découverte de ce bobard : L’Observatoire syrien des droits de l’homme (en version originale : Syrian Observatory on Human Rights, SOHR) a été créé au Royaume-Uni en mai 2006 par Osama Sulaiman, réfugié syrien musulman de confession sunnite. Militant anti-Assad, il fut condamné à trois reprises à des peines de prison dans son pays, et se réfugia à Coventry en 2000 pour échapper à une quatrième condamnation. Pour ses activités militantes en Syrie, il prit le pseudonyme de Rami Abdel Rahman (ou Abdulrahman), nom qu’il a conservé et sous lequel il est désormais bien connu. Il a installé son SOHR dans deux chambres de bonne où il passe l’essentiel de son temps à téléphoner à ses correspondants en Syrie – il prétend en avoir 200 – pour rédiger de fréquents communiqués de presse. Ceux-ci, de peu d’influence avant le déclenchement du conflit en Syrie, sont depuis repris par toutes les agences de presse et médias internationaux. La fiabilité des informations du SOHR a été souvent prise en défaut. Néanmoins, comme il est violemment opposé au régime en place à Damas, ses commentaires sont repris religieusement même si l’on sait qu’il a des sympathies pour les islamistes extrémistes.

Ainsi, le 29 mai 2015, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a publié sur son site un article intitulé : « Un chrétien décapite un djihadiste en Syrie, tué pour venger les atrocités de l’État Islamique ».

L’article a été repris notamment par l’Agence France Presse et Metronews (voir ci-dessous capture d’écran google news).

À deux reprises, l’article de l’Observatoire syrien des droits de l’homme utilise l’expression « selon l’Agence France Presse », laissant ainsi entendre que l’AFP est la source première de l’information et que le président de l’Observatoire Rami Abdel Rahman l’aurait confirmée à partir de ses propres sources. Il n’en est évidemment rien. La dépêche du 29 mai qui émane du bureau de l’AFP de Beyrouth ne fait que reprendre les dires – et eux seuls – d’un « observateur » (monitor en anglais) qui n’est autre que Rami Abdel Rahman. La boucle est bouclée.

AFP : Christian beheads jihadist in Syria revenge killing: monitor Version française : voir PDF

L’AFP va diffuser cette information sans la recouper ni la vérifier, accréditant la thèse d’une décapitation commise par un chrétien, renvoyant ainsi dos à dos les djihadistes et les forces qui s’opposent à eux. Depuis, l’article en question a été supprimé par l’l’Observatoire syrien des droits de l’homme et Métronews, sans aucune explication ni démenti.

En tout cas, ce bobard présentant une photo où un membre de l’État Islamique se ferait décapiter par un chrétien en Syrie est à replacer dans un contexte plus global : il accrédite la tentative de certains médias de mettre sur le même plan islam et christianisme. Le maître d’œuvre de cet enfumage est le journaliste Paul Moreira. Dans son documentaire « Danse avec le FN » diffusé sur Canal+ le 20 avril 2015, il explique qu’il y a « 13 appels au meurtre dans la Bible, 6 dans le Coran » et que Jésus « par deux fois, appelle à couper la gorge de ceux qui croient pas en lui ».

En avril, Paul Moreira explique sans aucun fondement théologique que Jésus demande de décapiter les mécréants. Il n’y a donc rien d’étonnant, qu’un mois plus tard, en mai, l’AFP relaie une information bidon où un chrétien est censé décapiter un djihadiste.

Bobard calculette : manip sur la manif

Bobard calculette : manip sur la manif

Quand Le Monde décide de ne pas suivre une dépêche AFP, c’est que la cause est grave ! Et le jeudi 24 septembre 2015, c’était bel et bien le cas… Le SIEL (acronyme signifiant Souveraineté, Identité Et Libertés, parti politique membre du Rassemblement Bleu Marine) avait appelé à manifester contre la déferlante migratoire, et réunissait un petit millier de personnes derrière ses bannières.

Candidat : Le Monde

L’AFP, dans son compte rendu, nous informait que la préfecture de police avait estimé les manifestants à « quelque 500 personnes ».

Le chiffre était déjà réduit de moitié, mais ma foi, c’est le jeu, ma pauvre Lucette, on sait bien que les méthodes de comptage de ces gens du boulevard du Palais sont un peu archaïques. Nicolas Sarkozy lui-même avait jugé en 2006 qu’elles étaient « complètement dépassées, datant des années 1960 ».

Le Monde, quant à lui, préfère déclarer qu’étaient présents « environ 200 militants ».

Peut-être l’auteur de cette brève est-il encore plus radical que les policiers chargés d’estimer la quantité de manifestants, qui accordent un mètre carré à chaque personne (contre une personne et demie pour les syndicats), considèrent que les trottoirs sont réservés aux services d’ordre et ne comptabilisent donc pas quiconque s’y trouverait… Ou peut-être pense-t-il que les chiffres sont manipulables à l’envi, à partir du moment où ils peuvent servir à étayer une idéologie qu’il juge meilleure ou à discréditer un discours qui lui paraît nauséabond.

En effet, Le Monde a clairement des positions qui ne sont pas en adéquation avec celles du SIEL : Le Monde est pour les droits des migrants ; Le Monde est contre ceux qui privent les réfugiés de « rares loisirs » ; Le Monde est pour la valorisation de l’art dans la « jungle » de Calais (voir aussi).

Ce qui rend cette affaire de manifestation encore plus pitoyable, c’est qu’une bonne partie des médias qui ont relayé cette information ont su être moins malhonnêtes. Pour l’exemple, sur son blogue Médiapart « En Avant », le journaliste Julien Sartre parle d’une « petite foule d’environ trois ou quatre cents personnes ». Buzzfeed évoque « six cents manifestants présents ». Et Le Parisien, « 1 000 personnes ».

Ainsi, pour avoir interprété délibérément les chiffres de manière aussi éhontée, Le Monde mérite amplement de recevoir le Bobard d’Or 2016 !

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