Can­di­dat : AFP

Le bobard par le titre est l’un des moyens les plus subtiles pour faire passer un message totalement faux dans l’opinion publique. Chaque époque a ses héros et ses repoussoirs comme le président hongrois Viktor Orban. Car Viktor Orban est coupable aux yeux des élites médiatiques de ne pas vouloir ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de migrants venus à pied depuis la Turquie pour s’installer en Europe.

Il a donc été pré­sen­té, en 2015, comme un « père Fouet­tard impuis­sant ».

La Hon­grie était vili­pen­dée par son manque d’empressement à accueillir toute la misère du monde. Les jour­na­listes fai­saient même la com­pa­rai­son avec les gen­tils autri­chiens.

Et comme les Hon­grois avaient déci­dé de trans­for­mer leur pays en pri­son.

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Les migrants « joyeux » quit­taient la Hon­grie.

Contents de fuir un pays qui ne res­pecte pas les valeurs de l’Europe selon le ministre des Affaires étran­gères de l’époque, Laurent Fabius.

Le tout pre­nant des accents très orwel­liens : « la loi c’est le chaos. »

Face à ce manque de coeur du pré­sident hon­grois, le retour de bâton était inévi­table. En novembre 2016, Peter Mur­phy jour­na­liste à l’Agence France-Presse (AFP) fan­fa­ron­nait devant le « camou­flet légis­la­tif » infli­gé à Vik­tor Orban qui sou­hai­tait faire pas­ser un texte au par­le­ment ren­dant illé­gale, en droit hon­grois, la relo­ca­li­sa­tion par l’UE de réfu­giés en Hon­grie.

Pour l’AFP, c’était un sérieux revers, pour ce « Pre­mier ministre, qui depuis deux ans n’a ces­sé d’amplifier une cam­pagne aux accents xéno­phobes contre l’immigration extra-euro­péenne. »

Aus­si­tôt cette dépêche était reprise par l’ensemble de la presse, ampli­fiant par effet boule de neige ce bobard par le titre.

Cerise sur le gâteau, l’article était illus­tré par une pho­to de Vik­tor Orban tota­le­ment désa­bu­sé.

Où est le bobard ?

Dans la dif­fé­rence entre ce que le titre induit et la réa­li­té des faits. Vik­tor Orban n’a pas subi un « camou­flet légist­la­tif » à cause d’une poli­tique anti­mi­grants qui aurait été jugée trop sévère par la classe poli­tique hon­groise, mais parce qu’elle n’allait jus­te­ment pas assez res­tric­tive ! C’est le par­ti natio­na­liste, Job­bik, qui a fait échouer cet amen­de­ment. Le Job­bik deman­dait en plus la sup­pres­sion d’un régime de per­mis de rési­dence accor­dé depuis 2013 aux riches inves­tis­seurs extra-euro­péens, Russes, Chi­nois et res­sor­tis­sants de pays du Moyen-Orient pour l’essentiel. Nous sommes donc bien loin des rêves du jour­na­liste de l’AFP, Peter Mur­phy.

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