Retrouvez les Bobards d'Or sur les réseaux sociaux

Bobard qui lave plus blanc que blanc : L’émir blanchi

Bobard qui lave plus blanc que blanc : L’émir blanchi

Bobard qui lave plus blanc que blanc : L’émir blanchi

Dans les médias, un délinquant ou un terroriste ne saurait avoir de race, surtout s’il est d’origine africaine ou maghrébine. Après les attentats du 13 novembre à Paris, les journalistes se sont empressés de présenter le mentor des djihadistes comme un Français de souche converti à l’islam.

Candidat : Jean-Marc Ducos, journaliste au quotidien Aujourd’hui en France / Le Parisien

Si l’on se contente de lire les titres, comme le font des millions de lecteurs, l’histoire est simple :

Olivier Corel : un nom et un prénom qui fleurent bon le terroir. Comme son lieu de résidence : l’Ariège.

Son rôle dans les médias : celui d’émir, le général (ou prince) des troupes djihadistes en France. Les journalistes ne se sont même pas aperçus que, dans la construction de leur contre-feu médiatique, ils reprenaient la vision raciste d’un Blanc forcément chef avec des Maghrébins sous ses ordres.

Le surnom d’« émir blanc » va donc apparaître avec une belle unanimité dans les titres des médias après les attentats. En seulement deux mois, du 13 novembre au 13 janvier 2015, les journaux de la presse nationale ou régionale vont utiliser 110 fois ce surnom dans leurs titres en se copiant les uns les autres !

Les médias sur internet ne sont pas en reste puisque le surnom d’« émir blanc » va apparaître plus de 300 fois, rien que dans les titres, en seulement deux mois !

Pour comprendre le bobard, il faut remonter à l’article qui a employé ce surnom pour la première fois : il est signé de Jean-Marc Ducos, journaliste du quotidien Aujourd’hui en France / Le Parisien, en mars 2012.

Il écrit qu’Olivier Corel, est « surnommé parfois « l’émir blanc » » sans que l’on sache par qui il est ainsi surnommé, ni d’où le journaliste tire sa source. Trois jours plus tard, le 25 mars 2012, le quotidien suisse francophone Le Matin va pouvoir affirmer sur la base de l’article du Parisien qu’Olivier Corel est surnommé avec certitude l’émir blanc, lançant la machine à copier/coller journalistique et diffusant dans les titres de la grosse presse l’idée du mentor Français de souche manipulant des djihadistes d’origine maghrébine.

Alors, où est le bobard ?

Le bobard se situe dans la différence entre ce que le titre induit et la réalité des faits, car Olivier Corel n’est ni un chef spirituel issu du terroir pour les terroristes, ni même un Blanc. Ce n’est pas un Français de souche converti : son vrai nom est Abdel Ilat al-Dandachi. Il aurait francisé son patronyme en obtenant la nationalité française en 1983. Il n’est en rien un Européen ni même un Blanc, puisqu’il est né le 29 novembre 1946 à Homs en Syrie, dans une famille musulmane de bédouins. Sa femme s’appelle Nadia, et elle est également syrienne. On est donc bien loin de l’émir blanc présenté par les médias.

    Twitter not configured.