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Bobard technologique : Yann Barthès fait son cinéma

Bobard technologique : Yann Barthès fait son cinéma

Bobard technologique : Yann Barthès fait son cinéma

Le Petit Journal, mauvaise graine et graine d’espion, utilise des moyens à la limite de la déontologie pour obtenir des informations personnelles sur le député européen du Front National Bruno Gollnisch. Téléobjectif ou micro perche, tous les moyens sont bons pour aller à la pêche aux ragots. Et tout nier en bloc ensuite, bien sûr.

Candidat : Yann Barthès

Le 1er mai 2015 se tenait la manifestation annuelle du Front National, place de l’Opéra à Paris. Le Petit Journal de Yann Barthès envoie sur place deux équipes composée de trois personnes. C’est l’histoire d’un désamour entre Le Petit Journal et la droite nationale, c’est l’histoire d’un faux mélodrame qui cache une vraie farce. C’est l’histoire d’un bobard qui se décline en cascade.

Dans le premier tableau nous trouvons une équipe de reporters du Petit Journal. L’équipe est composée d’un journaliste, d’un cameraman et d’un perchiste. Tout ce petit monde est aux aguets : il faut donner du contenu pour les prochaines éditions.

Pour ce faire, la méthode est simple : on filme à la volée tout ce qui peut faire de l’audience… et les correspondances privées ne sont pas à exclure. Bruno Gollnisch semble une cible privilégiée : le jeudi 16 avril, au Parlement européen, il a été victime de ce procédé douteux. Le Petit Journal a en effet filmé puis lu une correspondance privée de ce parlementaire.

Et encore, s’il n’y avait que le courrier ! Le Petit Journal aime aussi capter des conversations privées à l’aide d’une perche micro. Bruno Gollnisch le sait. Le 1er mai, il consent à donner un entretien mais à la condition que Le Petit Journal arrête ces captations déloyales à la sauce barbouze.

Pourtant, malgré leurs promesses, les journalistes de Canal+ continuent d’utiliser leur perche micro et de capter des conversations en loucedé. C’en est trop pour le député européen, qui s’empare de la perche à l’aide d’un parapluie et brise le micro.

Le soir même, Christophe Hondelatte va demander à Bruno Gollnish de se justifier de son acte : ils « se promènent avec un micro directionnel, micro spécial pour capter les chuchotements, afin de capter des conversations privées ». BFMTV le 01/05/2015

Interrogé par Lea Salamée le 4 mai 2015, Yann Barthès va jouer la vierge effarouchée, en confondant les types de micro mais aussi leurs capacités : « Des micro directionnels pouvant capter des chuchotements [….] On n’a pas de micro multidirectionnel spécial pour chuchotement. »

Pour précision, voici le schéma ci-dessous des capacités de captation d’un micro multidirectionnel appelé aussi micro cardioïde (à gauche) : c’est le micro qui se cache sous la bonnette estampillée Petit Journal. Il peut capter des chuchotements à une bonne dizaine de centimètres. À droite, le schéma d’un micro directionnel dit aussi super-cardioïde. On trouve ce type de micro au bout des perches. C’est ce type de micro que Bruno Gollnish a brisé.

Ce type de micro est capable de prendre un son à environ 2,50 m. Or une perche a une longueur de 2,50 m. Un ingénieur du son pourrait donc capter un chuchotement à environ 4 mètres. Gollnisch dit donc vrai mais ce n’est pas grave : Le Petit Journal a des images cocasses à montrer, il peut enfin faire son émission.

Et la comédie ne s’arrête pas là

Après l’incident avec le député Gollnisch, la sécurité du Front National exfiltre une équipe du Petit Journal : sont concernés Boris Balducci, Clément Brelet et Paul Larrouturou. Selon Yann Barthès, ils auraient été tabassés. Yann Barthès voit là l’occasion de réaliser ses fantasmes d’acteur et ouvre son édition du 4 mai le visage tuméfié, ensanglanté. Du cabotinage considéré comme un des beaux-arts.

Oyez, oyez : des journalistes ont été agressés ! Le Petit Journal devient le centre de l’attention médiatique

Le 4 mai, au micro de France Inter, Yann Barthès va évoquer des équipes « incognito ». Les journalistes agissaient sans la bonnette rouge du Petit Journal. L’agression des journalistes en devient d’autant plus grave. Elle ne vise plus uniquement Le Petit Journal mais l’ensemble de la profession journalistique et, par extension, la liberté d’expression.

Sauf, que dans son édition du 4 mai « spécial 1er mai », Le Petit Journal va diffuser des images de la manifestation où les deux équipes posent des questions aux militants avec la bonnette du Petit Journal. Pour l’incognito, on repassera !

Et puis, il faut une preuve de l’agression. Par chance la scène a été filmée. Enfin manifestement pas assez bien pour montrer l’agression des trois journalistes… Caramba, encore raté ! Ni une ni deux, Le Petit Journal va utiliser le même extrait vidéo pour présenter deux victimes différentes, Paul Larrouturou et Clément Brelet.

Le lundi matin, invité sur France Inter, Yann Barthès donne des nouvelles de ses journalistes : « Ils vont beaucoup mieux. Ils ont eu des courbatures dimanche mais ça va mieux. »

De simples courbatures dominicales ? Pour un passage à tabac ? Le Petit Journal offre – enfin ! – un scoop : il emploie des surhommes !

À moins que… Non ? Tous ces bobards et cette mise en scène pour de simples courbatures ? Yann Barthès, vraiment, bravo pour ce mélodrame comique et ces bobards en cascade. Encore une fois, vous méritez d’être récompensé… Soyez fier de vous voir décerner ce bobard !

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