Bobard divinatoire : le coût humain du confinement tardif

Bobard divinatoire : le coût humain du confinement tardif

18 janvier 2022 | Bobard d'Or 2022

Bobar­deur : Natha­niel Herzberg
Média : Le Monde
Date du bobard : 18 juin 2021

« Le lourd coût humain d’un troi­sième confi­ne­ment tar­dif ». Voi­là le titre de l’article de Natha­niel Herz­berg dans Le Monde du 18 juin 2021.

Selon ce jour­na­liste, appuyé par Edwy Ple­nel sur Twit­ter, le fait de ne pas avoir confi­né une troi­sième fois assez vite aurait coû­té la baga­telle de 14 600 décès. Une esti­ma­tion basée sur un tra­vail absur­de­ment léger et critiquable.

« Le lourd coût humain d’un troisième confinement tardif »

« Le lourd coût humain d’un troi­sième confi­ne­ment tardif »

Prophétie apocalyptique

Les jour­na­listes du Monde ont riva­li­sé d’articles alar­mistes sur la crise du Covid. Mais l’une de ces publi­ca­tions a par­ti­cu­liè­re­ment atti­ré l’œil des équipes des Bobards d’Or avec l’emploi d’un voca­bu­laire faus­se­ment dra­ma­tique et lar­moyant cou­plé à un tra­vail jour­na­lis­tique aux limites de la divi­na­tion d’une bohé­mienne en roulotte !

En effet, quand Natha­niel Herz­berg, « jour­na­liste scien­ti­fique » du Monde, prend la plume, il n’y va pas à moitié !

Quand Nathaniel Herzberg, « journaliste scientifique » du Monde, prend la plume, il n’y va pas à moitié !

« Com­bien de vies humaines auraient-elles pu être sau­vées ? Com­bien d’hospitalisations, de pas­sages trau­ma­ti­sants en réani­ma­tion, de longues séquelles auraient-ils pu être évi­tés si le gou­ver­ne­ment avait confi­né les Fran­çais début février, comme le lui conseillaient les scien­ti­fiques, et non début avril, contraint et for­cé par la satu­ra­tion des hôpitaux ? »

Pour ce jour­na­liste du Monde, le gou­ver­ne­ment aurait donc été trop laxiste et pas assez dur sur l’enfermement des Français !

Il s’interroge sur le nombre de morts dus à ce pré­ten­du manque de fer­me­té du gou­ver­ne­ment et ses résul­tats sont apocalyptiques !

« Plus de 14 000 décès, près de 112 000 hos­pi­ta­li­sa­tions, dont 28 000 en réani­ma­tion, et envi­ron 160 000 cas de Covid-19 long sup­plé­men­taires, selon les cal­culs du Monde : en retar­dant à début avril les mesures récla­mées fin jan­vier par les scien­ti­fiques, le gou­ver­ne­ment a alour­di le bilan de la pan­dé­mie en France. »

Nathaniel Herzberg, journaliste ou diseur de bonnes aventures ?

Pour arri­ver à ce résul­tat, le jour­na­liste du Monde, aidé de Pas­cal Cré­pey, épi­dé­mio­lo­giste, a tout sim­ple­ment déca­lé la courbe des décès obser­vés de deux mois !

Nathaniel Herzberg, journaliste ou diseur de bonnes aventures ?

Ce qui donne ce graphique :

Le Monde

Évi­dem­ment, cette méthode sim­pliste a tel­le­ment de biais que les quelques usages du condi­tion­nel dans cet article sont bien maigres.
Notez par exemple que la courbe bleue de l’infographie ci-des­sus est pré­sen­tée non pas comme une « esti­ma­tion » ou une « hypo­thèse » mais bien comme un « scénario » !
Ce tra­vail jour­na­lis­tique a pro­vo­qué de nom­breuses réac­tions fus­ti­geant son manque de sérieux. Un exemple par­mi d’autres, la réac­tion du pro­fes­seur Ber­trand Gui­det sur le pro­blème métho­do­lo­gique de cette étude :

Sur LCI tou­jours, l’épidémiologiste ayant cha­peau­té cet article du Monde admet fina­le­ment qu’il est « très dif­fi­cile d’évaluer réel­le­ment l’impact d’une [telle] mesure ».

Enfin, Mar­tin Bla­chier, épi­dé­mio­lo­giste, a vio­lem­ment atta­qué cet article : « Ce qu’ils disent dans cet article n’est pas juste. […] Ce n’est pas du tout cor­rect de faire ce genre d’article. […] Cette simu­la­tion est tota­le­ment fausse sur le plan méthodologique. »

Mais la métho­do­lo­gie déli­rante de Natha­niel Herz­berg, jour­na­liste du Monde, n’a effrayé ni les direc­teurs de la rédac­tion ni… Edwy Ple­nel ! Le direc­teur de Media­part a ain­si repris à son compte ce scé­na­rio catas­trophe pour l’encenser sur Twitter.

Entre propagandistes et bonimenteurs, on se respecte !

Entre pro­pa­gan­distes et boni­men­teurs, on se respecte !