L’élu écologiste Hakim Bouaksa victime de la violence imaginaire des militants de Reconquête

L’élu écologiste Hakim Bouaksa victime de la violence imaginaire des militants de Reconquête

16 janvier 2024 | Bobards d'Or 2024

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En juin 2023, Hakim Bouaksa, élu EELV à la mairie de la Seyne-sur-Mer, dépose plainte pour violences aggravées après avoir été agressé en marge d’un rassemblement de militants varois de Reconquête.

Rapi­de­ment, la presse et les élus de gauche montent au cré­neau. Dans un com­mu­ni­qué, Europe Éco­lo­gie Les Verts (EELV) explique qu’Hakim Bouak­sa était venu mani­fes­ter « paci­fi­que­ment » contre la tenue de ce ras­sem­ble­ment dans un cam­ping, et qu’il a été « vio­lem­ment agres­sé », souf­frant entre autres d’une frac­ture du bras, d’un trau­ma­tisme crâ­nien et d’une entorse aux cervicales.

Marine Ton­de­lier, la secré­taire natio­nale du par­ti éco­lo­giste, affirme sur Twit­ter qu’il a été « frap­pé par le ser­vice d’ordre de Recon­quête » et demande « des excuses » au par­ti d’Éric Zem­mour (20 Minutes).

Son tweet a depuis été sup­pri­mé. Libé­ra­tion ne tarde pas à dres­ser un por­trait de son nou­veau mar­tyr, jouant sur le registre pathé­tique (« À l’a­do­rable mais inquiet « T’as fait bobo ? » de son fils de 3 ans né d’une pre­mière union, Bouak­sa répond : « C’est rien, c’est le bras des super-héros ! », « Je tiens à pré­ci­ser qu’il ne s’est pas plaint une seule fois », note Hélène [sa com­pagne actuelle] mi-fière mi-inquiète. « Il y a pire, je suis en vie », balaye-t-il. Même pas triste de zap­per les bai­gnades à la fraîche et sauts dans les calanques ? « Si, j’a­voue, j’ai le seum, s’a­muse-t-il. Mais il y aura d’autres étés. » Loin des vacances fan­tas­mées, les pro­chaines semaines seront studieuses. »).

Ci-des­sus, tweet de l’élu EELV à la mai­rie de Péri­gueux Patrick Capet, qui porte la res­pon­sa­bi­li­té à « l’extrême-droite », sans même lire l’article qu’il par­tage qui indique que le coup a été por­té par « un membre de l’équipe de l’hôtel ».

Hakim Bouak­sa, grâce à son agres­sion, par­ti­ci­pe­ra au conseil muni­ci­pal de Mar­seille en tant qu’invité d’honneur, avant de rejoindre Paris, et de ten­ter de « convaincre les par­le­men­taires de se mobi­li­ser contre la mon­tée de la vio­lence dans les par­tis extré­mistes et la mul­ti­pli­ca­tion des attaques contre les élus locaux. »

En décembre, la jus­tice fait fina­le­ment son tra­vail, sans que Hakim Bouak­sa ne daigne assis­ter au déli­bé­ré. Deux des pré­ve­nus, dont le gérant du cam­ping, sont relaxés. Les deux autres condam­nés à une amende de 5.000 euros avec sur­sis. Cha­cun de leur casier judi­ciaire res­te­ra vierge. Et pour cause, le tri­bu­nal de Tou­lon a esti­mé que « le conseiller muni­ci­pal avait été à l’origine et avait joué un rôle actif dans la mani­fes­ta­tion non décla­rée ; un comble pour un élu de la République. »

Par consé­quent, « la juri­dic­tion a conclu qu’Hakim Bouak­sa a contri­bué à la créa­tion de ses pré­ju­dices, qu’il avait été l’artisan des maux dont il était venu se plaindre. Mais aus­si qu’il n’y avait aucun carac­tère raciste à ce qui s’était pas­sé. » Usant des qua­li­fi­ca­tifs « inad­mis­sible » et « lamen­table », la pré­si­dente du tri­bu­nal avait en outre pré­ci­sé que « compte tenu de son com­por­te­ment, le droit à l’indemnisation d’Hakim Bouak­sa serait réduit de 50% ». Notons enfin que les pré­ve­nus n’étaient pas des mili­tants Recon­quête mais des membres du ser­vice d’ordre du cam­ping dans lequel se dérou­lait le ban­quet estival.

Sources : Libé­ra­tion, Var-Matin
Date : Agres­sion le 11 juin 2023, déli­bé­ré le 5 décembre 2023