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Bobards d’Or : la vidéo de la cérémonie du 6 février 2017

Vidéo des Bobards d’Or 2017

[VIDÉO]Regardez l’intégralité de la 8e Cérémonie des Bobards d’Or

Posted by Les Bobards Médiatiques on Monday, February 13, 2017

Bobards d’Or : Palmarès 2017

Bobard d’Or : Bobard Tintin Grand Reporter, pour Yann Barthès et Hugo Clément (Le Petit Journal, Canal+).
Bobard d’Argent : Bobard catégorie poids lourd, pour Alain Marschall (BFMTV).
Bobard de Bronze : Bobard qui Trump énormément, pour Guillaume Auda (i-Télé).
L'AFP et La Manif pour tous en Italie : Bobard à la romana

#Bobards2017 / Le Bobard du Père Fouettard

Candidat : AFP

Le bobard par le titre est l’un des moyens les plus subtiles pour faire passer un message totalement faux dans l’opinion publique. Chaque époque a ses héros et ses repoussoirs comme le président hongrois Viktor Orban. Car Viktor Orban est coupable aux yeux des élites médiatiques de ne pas vouloir ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de migrants venus à pied depuis la Turquie pour s’installer en Europe.

Il a donc été présenté, en 2015, comme un « père Fouettard impuissant ».

La Hongrie était vilipendée par son manque d’empressement à accueillir toute la misère du monde. Les journalistes faisaient même la comparaison avec les gentils autrichiens.

Et comme les Hongrois avaient décidé de transformer leur pays en prison.

Les migrants « joyeux » quittaient la Hongrie.

Contents de fuir un pays qui ne respecte pas les valeurs de l’Europe selon le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius.

Le tout prenant des accents très orwelliens : « la loi c’est le chaos. »

Face à ce manque de coeur du président hongrois, le retour de bâton était inévitable. En novembre 2016, Peter Murphy journaliste à l’Agence France-Presse (AFP) fanfaronnait devant le « camouflet législatif » infligé à Viktor Orban qui souhaitait faire passer un texte au parlement rendant illégale, en droit hongrois, la relocalisation par l’UE de réfugiés en Hongrie.

Pour l’AFP, c’était un sérieux revers, pour ce « Premier ministre, qui depuis deux ans n’a cessé d’amplifier une campagne aux accents xénophobes contre l’immigration extra-européenne. »

Aussitôt cette dépêche était reprise par l’ensemble de la presse, amplifiant par effet boule de neige ce bobard par le titre.

Cerise sur le gâteau, l’article était illustré par une photo de Viktor Orban totalement désabusé.

Où est le bobard ?

Dans la différence entre ce que le titre induit et la réalité des faits. Viktor Orban n’a pas subi un « camouflet légistlatif » à cause d’une politique antimigrants qui aurait été jugée trop sévère par la classe politique hongroise, mais parce qu’elle n’allait justement pas assez restrictive ! C’est le parti nationaliste, Jobbik, qui a fait échouer cet amendement. Le Jobbik demandait en plus la suppression d’un régime de permis de résidence accordé depuis 2013 aux riches investisseurs extra-européens, Russes, Chinois et ressortissants de pays du Moyen-Orient pour l’essentiel. Nous sommes donc bien loin des rêves du journaliste de l’AFP, Peter Murphy.

#BobardsdOr2017 / Le Bobard armorico-sub-saharien

#Bobards2017 / Migrants, le « Bobard armorico-sub-saharien »

Candidat : Presse Océan

L’arrivée massive de migrants dans les pays européens a été accompagnée d’une intense campagne de « bobardements » médiatiques. Toute la presse, nationale ou régionale, s’est mise au diapason pour présenter les migrants comme un enrichissement pour l’Europe et les opposants à leur venue comme des personnes rabougries et sans cœur.

L’article de Françoise Refloc’h dans le journal Presse Océan, évoquant la réunion d’une association s’opposant à l’arrivée prochaine de 70 migrants en provenance du camp de Calais dans la ville de Saint-Brévin (Loire-Atlantique) ne déroge pas à cette règle.

Sous les titres « Saint-Brévin Collectif contre les migrants : le rejet pour seul programme » pour la version internet (09/10/2016) et « Huées, haine et rejet pour programme » pour la version papier du 10 octobre, la journaliste Françoise Refloc’h va multiplier les « erreurs factuelles et d’interprétations idéologiques » selon les organisateurs de cette réunion et membres de l’association Libertés et Entraide.

La réunion ayant été filmée et diffusée sur internet, il devient dès lors assez facile de se faire une opinion sur la véracité de l’article de Presse Océan.

Premier bobard : la photo illustrant l’article n’est en aucun cas comparable avec celle prise par l’association et diffusée sur Facebook :

Deuxième bobard : les citations tronquées. Selon la journaliste Françoise Refloc’h, le responsable nantais de l’association Libertés et Entraide, Nicolas Faure, aurait dit : « Nous n’avons aucune leçon de morale à recevoir et personne ne peut nous forcer à être solidaires ». Applaudissements. Pour l’empathie, il faudra repasser. »

Deuxième bobard. Les citations tronquées...

Deuxième bobard. Les citations tronquées…

Erreur, cette citation est extraite du discours d’introduction de Maxime Boulanger et aucun applaudissement n’est à signaler.

Autre citation tronquée : « On a quitté St-Herblain pour être peinards vocifère une femme. Nous sommes inquiets pour la sécurité de nos enfants. Vivement 2017. » Le hic, c’est que jamais « vivement 2017 » n’a été prononcé et que la citation est tronquée. Il suffit de comparer avec l’intervention filmée pour s’en rendre compte (). « Moi ça fait cinq ans et demi que je suis venu vivre ici avec mon mari et mes enfants. On a quitté St-Herblain pour vivre tranquille dans une petite commune, en sécurité (…) on vient ici pour être peinard, on nous demande pas notre avis, je ne suis pas d’accord, c’est tout. Et nos SDF qui sont dans la rue ? On travaille tous comme des malades. On paie des taxes, on fait n’importe quoi. (…) on se bat comme chez pas quoi, on paie, on paie, on paie. Pour faire quoi ? »

La journaliste de conclure son article : « Pas une seule fois il ne sera question des bombes qui pleuvent sur Alep. », laissant croire que la majorité des migrants de Calais qui doivent être relogés à Saint-Brévin proviennent de Syrie. Des chiffres totalement faux ! Une étude réalisée par l’organisme Refugee Rights Data Project montre ainsi que le Syriens ne représentent que 10% des migrants de Calais (dossier p. 9) :

Refugee Rights Data Project

Refugee Rights Data Project

Le bon accueil de Saint-Brévin

#BobardsdOr2017 / Ku Klux Klan sur I-Télé, un bobard qui Trump énormément

#Bobards2017 / Guillaume Auda sur I-Télé, un Bobard qui Trump énormément

Candidat : Guillaume Auda (I-Télé)

Lors des élections présidentielles américaines, le candidat républicain Donald Trump a été victime d’une véritable campagne de calomnie de la part des médias français. Traité de populiste, de démagogue ou de sexiste, le milliardaire américain a été plusieurs fois attaqué sur ses liens supposés avec l’organisation raciste, Ku Klux Klan (KKK) afin de le diaboliser.

Le 24 février 2016, Guillaume Auda, qui officie en tant que grand reporter pour les chaînes Canal+ et I-Télé, tweete deux photos de supporteurs compromettants pour Donald Trump.

Guillaume Auda sur Twitter

Tweet supprimé depuis…

Vidéo : voir à partir de la 20ème minute.

On y voit – ou, du moins, on est censé y voir une jeune femme, supportrice de Trump, faisant le salut nazi, mais de la mauvaise main (gauche au lieu de la droite) et des membres du Ku Klux Klan venant apporter leur soutien au milliardaire new-yorkais lors des primaires du parti Républicain au Nevada en février 2016.

Concernant la première photographie, celle de la jeune femme, elle a été prise par Tim Mak, correspondant du Daily Beast, prétendant que celle-ci a lancé, au moment du cliché, un « Heil Trump » avant de s’en prendre verbalement aux Cubains. Le souci, c’est que cette affirmation ne repose que sur la parole de Tim Mak… En partageant une simple image, sans vidéo ni son, sans l’identité de la personne, le journaliste s’adonne à des pratiques à la fois faciles et douteuses (la jeune femme pourrait très bien être en train de danser) car il est impossible de vérifier les informations !

Concernant la photo du KKK, elle a été diffusée par Krystal Heath, qui est loin d’être une source objective. Cette photographie a été prise par l’un de ses meilleurs amis, membre de l’Air Force, nous dit-elle, et lui a été envoyée.

Krystal Heath n’est pas une source neutre : elle est l’auteur d’un livre appelant à l’engagement des Chrétiens dans la vie politique et elle affiche clairement ses accointances politiques avec Ted Cruz… le rival de Donald Trump à la primaire républicaine.

Le hic pour Guillaume Auda, comme l’ont fait remarquer certains observateurs, on peut se rendre compte sur la photo que les mains des prétendus membres du Ku Klux Klan sont tout simplement… noires ! Il s’agit en réalité de militants anti-Trump, grimés en membres du Klan qui voulaient ainsi dénoncer une prétendue proximité entre le milliardaire et l’organisation suprématiste. Ce sont des manifestants noirs anti-Trump, et plus exactement des membres du mouvement Black Lives Matter.

Des sites comme Frontpage Mag, le 24 février, et Fistnews, le 25 février, ont fini par révéler l’identité des mystérieux manifestants :

Le grand reporter pour les chaînes Canal+ et i-Télé, Guillaume Aura s’est donc fait avoir. Il faut dire qu’il était un peu prédisposé à croire ce genre d’information. Il va continuer d’essayer de diaboliser Donald Trump pour ses liens supposés avec le KKK.

Dans son tweet accusatoire, Guillaume Ada n’a pas manqué d’ajouter le mot True story (histoire vraie) pour accentuer l’effet d’annonce. D’ailleurs, ce dernier ne cache pas, sur Twitter, ses sentiments à l’égard de l’homme d’affaires :

Guillaume Auda a reconnu son erreur concernant les supporteurs KKK de Trump.

Mais pas pour le faux salut nazi de la femme…

Autres unes sur Donald Trump et le KKK

#BobardsdOr2017 / Il fait bon vivre à Molenbeek : le Bobard "Tintin grand reporter"

#Bobards2017 / Il fait bon vivre à Molenbeek : le « Bobard Tintin grand reporter »

Candidats : Hugo Clément et Yann Barthès (Canal+)

35 morts, plusieurs centaines de blessés : le 22 mars 2016, la Belgique est frappée par deux explosions à l’aéroport de Bruxelles et à la station de métro Maelbeek.

L’attentat survient 2 jours après l’arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek. La ville belge devient rapidement un sujet d’attention pour les journalistes. Les médias vont tenter de décrire Molenbeek comme une ville tout à fait normale, « on y rencontre les mêmes problèmes que partout ailleurs : le chômage l’insécurité, etc. »

Dans ce jeu de désinformation, la palme revient au Petit Journal dirigé alors par Yann Barthès, le pape incontesté de la « branchitude » de Canal+.

Le jeudi 24 mars 2016, soit le surlendemain des attentats de Bruxelles, Yann Barthès décide de réagir aux déclarations de Donald Trump qui affirmait que « Bruxelles est un désastre. C’était superbe, maintenant c’est un camp armé, où les habitants vivent un enfer au quotidien ».

Pour Yann Barthès cette déclaration est une « connerie » et pour vérifier que c’est bien une « connerie » il va demander à Hugo Clément, le Tintin grand reporter du Petit Journal, de donner son avis. Hugo Clément est sur la place de la Bourse à Bruxelles, et de là où il est, il peut le dire : «… c’est du grand n’importe quoi ».

Hugo Clément aurait pu évoquer la période post-attentat du 13 novembre 2015 : les rues de Bruxelles étaient désertes, les médias réduits au silence passaient des photos et des vidéos de chat… Mais Hugo Clément ne l’a pas fait.

L’inénarrable Yann Barthès a relevé une autre « connerie » : pour Fox news « … dans la communauté musulmane, la police n’a aucun accès dans ce quartier (Molenbeek), et beaucoup d’entre eux (les habitants de Molenbeek) ne sont pas en contact avec la police ». L’information est commentée par Donald Trump qui conclut en déclarant « la police a peur d’aller dans ce quartier ».

« La police a peur d’aller dans ce quartier »

« La police a peur d’aller dans ce quartier »

Dans un premier temps, le Tintin grand reporter du Petit Journal Hugo Clément interroge plusieurs habitants. Un micro trottoir, le moyen le plus facile pour biaiser un reportage. Les déclarations sont rassurantes, Molenbeek est une ville comme les autres. Une jeune femme, voilée comme la plupart de celles que le reportage laisse apercevoir, explique même que la cohabitation entre communautés se déroule parfaitement bien : « Ici, on vit en communauté entre musulmans, non-musulmans, religieux, non-religieux. Il n’y a pas de souci par rapport à ça. ». Le lendemain des attentats c’est un peu fort de café !

Hugo Clément va ensuite montrer le commissariat de Molenbeek, : « Donald Trump est mal renseigné, la police est présente ». Sauf qu’en y regardant bien, la police est en état de siège : impossible de s’approcher à moins de 20 mètres du poste de police, présence de militaires sur place, homme lourdement armé montant la garde, mais rien susceptible de choquer le grand reporter du Petit Journal.

Alors, pour avoir affirmé que Molenbeek est une ville où il fait bon vivre, alors que c’est le quartier où les attentats du 13 novembre ont été préparés et où l’un des auteurs se cachait, où Mehdi Nemmouche, l’auteur de l’attentat du musée juif de Bruxelles, a séjourné, où les formateurs de Chérif Kouachi, instigateur des attentats contre Charlie Hebdo, étaient installés, le Petit Journal mérite bien son Bobard « Tintin grand reporter ».

#BobardsdOr2017 / "Mineurs isolés" de la Jungle de Calais, Bobard « mal voyant »

#Bobards2017 / « Mineurs isolés » de la Jungle de Calais, « Bobard mal voyant »

Candidat : France Info

Le 26 octobre, après deux ans d’existence, la jungle de Calais est finalement démantelée : le gouvernement ordonne la répartition des migrants sur l’ensemble du territoire.

L’Angleterre a accepté d’entrouvrir ses portes aux mineurs isolés ayant un parent sur son territoire.

La question des « mineurs isolés » fera donc l’objet d’un traitement médiatique particulier. Elle mérite aussi un Bobard particulier.

Alors que le nombre de migrants occupant la jungle reste un mystère, « 5 000, 7 000, peut-être plus », les médias et les ONG réussissent à dénombrer le nombre exact de mineurs : 1291.

Mais comment déterminer avec certitude l’âge d’une personne qui n’a plus de papiers d’identité. Par une simple déclaration du migrant. C’est là qu’est l’os !

The Sun : "Tell us the tooth..."

The Sun : « Tell us the tooth… »

Scandale pour la presse britannique : The Sun demande que soient faites des radios dentaires (Tell us the tooth), seul moyen de déterminer avec exactitude l’âge d’une personne.

Traquenard et bobard pour la presse française qui cherche à apitoyer les Français sur le sort des migrants.

France Info sélectionne dix photos marquantes du démantèlement de la jungle.

Les photos sont empreintes d’émotion. Adieu raison, bonjour pathos. On y découvre une vue aérienne de la jungle, ou un migrant transportant une valise sur sa tête, derrière l’inscription « j’aime la France ».

Une photo sera retenue comme vignette pour la promotion de l’article sur les différents réseaux sociaux : un gros plan sur un visage ravagé par les larmes. La légende précise : « ici les larmes d’un Éthiopien de 16 ans attendant d’être enregistré pour partir dans un centre d’accueil. »

Sauf que, sur cette photo, il est difficile de donner 16 ans à cet homme qui semble en avoir plutôt 35 ans. Les internautes réagissent en masse à cette publication. France Info se voit contraint de modifier sa publication.

Pour avoir voulu faire passer un homme de 35 ans pour un mineur isolé, France Info mérite bien son Bobard d’Or « mal voyant ».

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